En France, la première observation remonte à 2010 en Alsace, dans la rivière Rothbach, un affluent du Rhin (Collas et al., 2011). L’origine de la population française est incertaine. Une dispersion naturelle depuis l’Allemagne, où l’espèce a été signalée dès 1993, semble peu possible. Deux hypothèses sont avancées : soit des individus vivants ont été introduits depuis l’Allemagne, soit des individus maintenus à domicile à des fins ornementales ont été relâchés dans le milieu aquatique (Collas et al., 2011). Après cette première observation en France, l’espèce a commencé à coloniser la partie française du Rhin, certains de ses affluents ainsi que des canaux. L’espèce colonise actuellement un tronçon de plus de 150 km le long de la plaine du Rhin supérieur, dans le sud-ouest de l’Allemagne et l’est de la France (Filipová et al., 2011a ; Ott, 2017)
En Europe, il a été démontré que l’espèce est porteuse de la peste de l’écrevisse, mortelle pour les écrevisses autochtones européennes (Schrimpf et al., 2013). L’espèce est omnivore. En Allemagne la principale source de nourriture sont des détritus, suivi des macroinvertébrés et des macrophytes (Chucholl, 2012).
Dans la même étude, il a été observé que l’espèce prédatait un large éventail de macroinvertébrés, principalement des larves de Chironomidae, des Cladocères et des larves d’Éphéméroptères. Une récente expérience en laboratoire sur la réponse fonctionnelle de différentes espèces d’écrevisses exotiques présentes en Europe, incluant F. immunis, a montré que cette espèce, avec l’écrevisse signal Pacifastacus leniusculus, compte parmi les envahisseurs les plus impactants, avec les effets les plus importants sur le macrobenthos et les détritus (Chucholl & Chucholl, 2021).
Les études sur les impacts sont récentes et toujours en cours, mais elles ont déjà mis en évidence des impacts écologiques (réduction de l’abondance des macroinvertébrés ; régression des macrophytes ; rôle de vecteur de la peste de l’écrevisse ; forte activité de creusement entraînant des dommages aux berges). Étant donné que l’espèce est omnivore, colonise une large gamme d’habitats et creuse intensément, et compte tenu des conditions climatiques actuelles et futures favorables, on peut s’attendre à des impacts majeurs. »
Comité français de l'UICN et Office français de la biodiversité [Ed], 2024. Faxonius immunis. Centre de ressources espèces exotiques envahissantes.
https://base-information-especes-introduites.fr/?post_type=espece&p=16970 - 14 avril 2026