La mactre naine a été introduite accidentellement depuis 2017‑2018 dans plusieurs régions du nord de l’Europe (Pays‑Bas, mer des Wadden, Belgique, Allemagne), vraisemblablement via les eaux de ballast ou sédiments de navires (Craeymeersch et al., 2019). En France, les premières observations datent de 2024/2025 dans le golfe de Gascogne / pertuis charentais (CDR EEE, 2025 ; comm. pers. Jérôme Jourde (UMR LIENSs CNRS / La Rochelle Université).
L’ impact de la mactre naine n’est pas documenté en France mais elle présente des traits de vie lui conférant un potentiel invasif préoccupant. Les habitats principalement affectés sont les estuaires et les lagunes, qui présentent tous deux une forte valeur de conservation. Elle peut impacter la biodiversité des bivalves indigènes par la compétition pour l’espace et la nourriture, et modifier les interactions trophiques. En 2017, des populations denses atteignant près de 6 000 individus par m² ont été recensées dans la Voordelta (eaux côtières du sud-ouest des Pays-Bas), puis à nouveau en 2018 avec des densités de 1 000 individus par m² (Craeymeersch et al., 2019).Les mortalités massives, typiques de cette espèce, peuvent affecter la structure des réseaux trophiques, le cycle des nutriments, le transfert d’énergie vers les niveaux trophiques supérieurs, la qualité de l’eau et la structure des habitats.
Elle peut également faciliter la propagation du parasite protozoaire Perkinsus chesapeaki vers les palourdes et les coques, ou de parasites cestodes vers des espèces d’élasmobranches. M. lateralis a aussi le potentiel d’altérer la fonction de nurserie des habitats lagunaires (Carrasco et al., 2014; Dungan et al., 2002)
Comité français de l'UICN et Office français de la biodiversité [Ed], 2024. Mulinia lateralis. Centre de ressources espèces exotiques envahissantes.
https://base-information-especes-introduites.fr/?post_type=espece&p=16987 - 9 mars 2026