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Base d'informations

ESPÈCES

Branta canadensis

Noms communs :

Bernache du Canada

Règne :

FAUNE

Organisme :

Oiseau

Famille :

Anatidae

Milieu - 1 :

CONTINENTAL

Milieu - 2 :

Eau douce

Origine géographique :

Métropole

Nom anglais :

Canada goose

Auteur :

Linné, 1758

Introduction en France :

Métropole

Date de rédaction :

19/02/2018, version 3

Dernière mise à jour :

règlementation mise à jour le 06/11/2020

Contribution :

Jean-Baptiste Mouronval (ONCFS), Jean-François Maillard (OFB)

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RESSOURCES

Liens utiles :

Analyse de risque :

Répartition :

L’OFB assure l’expertise sur les écureuils exotiques et mènent des travaux de recherche et de gestion anciennement portés par le MNHN. Un site dédié aux écureuils en France met à disposition de nombreuses informations, notamment sur le Tamia de Sibérie : méthodes de gestion, biologie, identification ainsi qu’une plateforme de signalement d’observations : http://ecureuils.mnhn.fr/

Présents en France dans différentes populations de taille variable, il a fait l’objet d’une gestion à des fins d’un retrait complet des individus au sud de Grenoble à Echirolles par l’OFB et le MNHN. La population circonscrite à un bord de la rivière, le Drac, a permis de mettre en place sur plusieurs années une stratégie de capture par la méthode du piégeage (pièges de type Sherman, non létaux) accompagnés en dernier ressort de tirs à la carabine pour des individus réticents au piège.

Depuis 2003, des recherches sont entreprises en Ile-de-France, notamment dans le massif de Sénart (Essonne, Seine-et-Marne), afin d’estimer les conséquences potentielles de son introduction, tant sur le plan de la biodiversité que sur celui de la santé humaine. Dans les grands massifs forestiers, comme la forêt domaniale de Sénart (3 200 ha), leur éradication est quasi-impossible. Dans ce type de milieu, leur contrôle est envisageable, mais avec des efforts importants et répétés chaque année. Là encore, les mesures de gestion doivent s’accompagner d’un dialogue avec le grand-public qui peut montrer une certaine réticence à leur mise à l’œuvre.

La Bernache du Canada a été introduite en Grande-Bretagne et dans les pays continentaux de l’Europe du Nord dès le XVIème siècle, à des fins cynégétiques et comme oiseau d’ornement (Pascal et al., 2006). La colonisation réelle de la Bernache du Canada commence à partir des années 1960-1970 à la suite d’introductions répétées comme oiseau d’ornement. Le Nord-Pas-de-Calais, l’Ile-de-France mais aussi l’Auvergne (Allier) sont les premières régions où s’implantent durablement des noyaux reproducteurs de Bernache du Canada (Sarat, 2012).  Au cours des années 1980-1990, l’espèce accroît nettement son aire de répartition et ses effectifs augmentent. Entre 1990 et 2000, on assiste à la fusion de noyaux autrefois distants comme par exemple l’est de l’Ile-de-France avec le nord de la région Centre (Sarat, 2012). En 2014, l’enquête de Dubois et Cugnasse estimait un effectif total compris entre 6900 et 8200 oiseaux sur tout le territoire national.  Elle est aujourd’hui présente dans presque toute la France, à l’exception du pourtour méditerranéen où elle reste rare (Dubois et Cugnasse, 2015).

Selon les enquêtes menées par le réseau Oiseaux d’Eau Zones Humides de l’ONCFS et des Fédérations départementales des chasseurs, la population nicheuse de bernaches du Canada s’élevait en 2014 et 2015 à environ 1 700 couples, répartis dans 53 départements. La population hivernante était estimée quant à elle à 13 500 oiseaux en janvier 2016, répartis dans 62 départements. L’espèce abonde particulièrement en régions Ile-de-France et Centre-Val de Loire, dans l’Allier, les Ardennes, le Nord, la Moselle et le Bas-Rhin. Elle est en revanche peu ou pas encore présente dans le sud-est du pays.

Des cas de compétition directe existent avec les espèces autochtones : piétinements de nids, son comportement très territorial et agressif peut empêcher l’installation d’autres oiseaux autour de son nid  (Rehfisch et al., 2010). A forte densité, les déjections des bernaches participent à la pollution et à l’eutrophisation de l’eau  (Allan, 1999). Sur les sols, ces déjections sont une source de contamination et le piétinement des oies accentue l’érosion des berges  (Banks et al., 2008). De plus, les Bernaches du Canada piétinent et se nourrissent sur les roselières, occasionnant ainsi des problèmes pour ces milieux rares et fragiles (Owen et al., 2003). Cette destruction d’habitats rivulaires impacte indirectement l’implantation de la faune sauvage autochtone.

L’espèce occasionne des dommages aux cultures agricoles et aux aires de loisirs telles que les golfs, les aires de repos, les plages, etc.  (Ankey, 1996). Ces dommages sont dus au pâturage, au piétinement et aux déjections des oies. Elles auraient une préférence pour les cultures annuelles et les zones irriguées. En France, aucune estimation de l’impact économique n’a été réalisée. La Bernache du Canada présente également un risque de collisions aériennes non négligeable lorsque les oiseaux sont nombreux  (Watola et al., 1996). Les déjections de Bernaches du Canada dans les plans d’eau apportent une charge lourde en nutriments menant à une eutrophisation du milieu permettant à certaines algues toxiques de se développer. Cette pollution des eaux de baignade peut favoriser indirectement la transmission de certaines maladies à l’homme (conjonctivite et botulisme). L’espèce représente également un risque pour la santé publique de par sa présence dans des endroits tels que les parcs, étant un vecteur potentiel de la grippe A  (Bönner et al., 2004).

Maillard J.-F et Hurel P. 2017. réduire les nuisances engendrées par la Bernache du Canada. Office national de la Chasse et de la faune sauvage. 24 pp.

Allan J.R. 1999. The management of problems caused by Canada geese: a guide to best practice. Department of the Environment, Transport and the Regions, Bristol, UK. 13 pp.

Ankney C.D. 1996. An embarrassment of riches : too many geese. Journal of Wildlife Management, 60(2): 217-223.

Bönner B.M., Lutz W., Jäger S., Redmann T., et al. 2004. Do Canada geese (Branta canadensis Linnaeus, 1758) carry infectious agents for birds and man? European Journal of Wildlife Research. 50(2): 78–84.

Banks A.N., Wright L.J., Maclean I.M.D., Hann C., Rehfisch M.M. 2008. Review of the Status of Introduced Non-Native Waterbird Species in the Area of the African-Eurasian Waterbird Agreement: 2007 Update. In BTO Research Report, 148 pp.

Dubois PJ. et Cugnasse JM. 2015. Les populations d’oiseaux allochtones en France en 2014. 3ème enquête nationale. Ornithos 22-2: 72-91.

Fouque, C., Schricke, V., David, Y., Serre, D. 2011. La Bernache du Canada : une espèce exotique devenue envahissante. Diagnostic, plan de lutte et régulation. Faune Sauvage, 290: 18–31.

Owen M., Callaghan D., Kirby J. 2003. Guidelines on Avoidance of Introductions of Non-native Waterbird Species. In Fourth Meeting of the Technical Committee of the Agreement on the Conservation of African-Eurasian Migratory Waterbirds (AEWA). Secretariat of the Agreement on the Conservation of African-Eurasian Migratory Waterbirds, Tashkent, Uzbekistan : UNEP/AEWA Secretariat. 33 pp.

Pascal M., Lorvelec O., Vigne J.D. 2006. Invasions biologiques et extinctions. 11 000 ans d’histoire des vertébrés en France. Editions Belin, Paris. 350 pp.Rehfisch M.M., Allan J.R., Graham E. 2010. The effect on the environment of Great Britain’s naturalized Great Canada Branta canadensis and Egyptian Geese Alopochen aegyptiacus. In British Ornithologists’ Union Conference proceedings, The impacts of non-native species. 19 Novembre 2008. Peterborough, Royaume-Uni, 9 pp.

Sarat E. (coord). 2012. Les vertébrés exotiques envahissants sur le Bassin de la Loire (hors poissons) – Connaissances et expériences de gestion

. Office national de la chasse et de la faune sauvage, Plan Loire Grandeur Nature, 128 pp.Service public de Wallonie. La Bernache du Canada. SPW publications. 2 pp.

Watola G., Allan J.R., Feare C. J. 1996. Problems and management of naturalised introduced Canada geese Branta canadensis in Britain. In The introduction and naturalisation of birds. London, UK : [s.n.]. 136 pp.Tableau A. et Maillard J.F. 2019. Bilan de l’application de la circulaire relative à la maitrise des populations de Bernache du Canada. ONCFS. Direction de la Recherche et de l’Expertise Unité Avifaune Migratrice et Mission espèces exotiques envahissantes. 16 pp.

Règlementations

Règlementation :

Espèce interdite d’introduction dans le milieu naturel par l’arrêté du 14 février 2018 relatif à la prévention de l’introduction et de la propagation des espèces animales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain.

La détention de la Bernache du Canada est soumise à autorisation préfectorale à partir du 1er individu et à certificat de capacité au-delà de 100 et le marquage est obligatoire (arrêté du 08 octobre 2018 fixant les règles générales de détention d’animaux d’espèces non domestiques).

La Bernache du Canada figure à l’arrêté du 2 septembre 2016 relatif au contrôle par la chasse et à la destruction d’animaux nuisibles non indigènes.

A ce titre, elle peut être chassée sur tout le territoire national pendant la période légale d’ouverture de la chasse aux oies et être détruite à tir à partir d’un poste fixe de la fermeture de la chasse au 31 mars, sur autorisation individuelle délivrée par le préfet.

Le préfet peut également ordonner sa destruction en tout temps et par tous moyens, au titre de l’article L.411-8 du Code de l’environnement.

Le maire peut également prendre des mesures pour prévenir les nuisances sur son territoire au titre du L.2122-21 du Code général des collectivités territoriales.

Règlementation outre-mer :