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Base d'informations

ESPÈCES

Lycium ferocissimum

Noms communs :

Lyciet féroce

Règne :

FLORE

Organisme :

Arbuste

Famille :

Solanaceae

Milieu - 1 :

CONTINENTAL

Milieu - 2 :

dunes sableuses, sols sableux

Origine géographique :

Afrique du Sud

Nom anglais :

African boxthorn

Auteur :

Meirs

Introduction en France :

Métropole

Date de rédaction :

21/02/2020, version 1

Contribution :

Guillaume Fried, Anses, James Molina, CBN Med

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RESSOURCES

Liens utiles :

Analyse de risque :

Répartition :

Aucune mesure de gestion n’est actuellement mise en place pour cette espèce.Un formulaire en ligne permet de signaler les observations de l’espèce auprès de l’Observatoire des vers luisants et lucioles.

L. ferocissimum a été introduit en Australie et en Nouvelle-Zélande comme haie défensive du fait de son caractère épineux et de son feuillage non appétant (Environmental Weeds of Australia for Biosecurity Queensland, 2016). Il est considéré comme largement naturalisé dès le milieu du XIXème siècle et signalé comme exotique envahissant dans le Queensland dès 1917. De même en Nouvelle-Zélande, où il est considéré comme naturalisé depuis 1897. Ailleurs dans le monde, L. ferocissimum est naturalisé en Californie , dans le sud de l’Espagne, à Chypre où il est apparemment introduit au début du 20ème, et ensuite planté en haie et commençant à se naturaliser, mais toujours rare, au Maroc et en Tunisie. Dans ce dernier cas, il semblerait également que l’introduction soit liée à une utilisation comme haie défensive délimitant les palmeraies.

La première station de Lycium ferocissimum a été découverte en France métropolitaine fin 2019, dans le département de l’Aude. Située au lieu-dit « La Corrège » à Leucate, la station s’étend à l’ouest du port de Port Leucate, sur un site entièrement transformé au milieu des années 1960 par des apports de sable issus des creusements des zones portuaires et de la création de marinas lors de la création de Port Leucate et a dû ensuite être végétalisé. L. ferocissimum forme une grande population en haie avec une hauteur de 5 m au bord d’une piste cyclable, régulièrement faucardée et rejetant abondamment par drageonnement. Des arbustes de différentes tailles allant de 50 cm à 2-3 mètres sont disséminés. Un total de 700 individus a été recensé sur une surface de 74 ha (J.-R. Garcia & J. Molina, com. pers. , 2019).

Dans la station française découverte, il ne semble pas que l’espèce ait été introduite comme haie défensive. Le site qui héberge L. ferocissimum a été végétalisé au début des années 1980 par l’ONF, avec des pins en alternance avec des tamaris. L’entretien de ces plantations a été délégué à une entreprise privée de gestion et de transformation des végétaux. Cette entreprise taillait et broyait les végétaux du site, mais aussi ceux des jardins privés de Leucate et des environs. Il est possible que des baies de Lycium aient pu être introduites accidentellement par cette entreprise via les outils de broyage ou les véhicules (Fried et al., 2020).

En Australie, selon Abbott et al. (2000), L. ferocissimum est fréquent sur les bords des routes, sur les talus des voies ferrées, le long des cours d’eau et dans les friches et autres zones rudérales. Il se propage rarement dans les pâturages bien gérés, mais peut envahir les zones perturbées. En revanche L. ferocissimum est particulièrement fréquent et particulièrement envahissant dans les zones côtières et les dunes, ainsi que sur les îles au large des côtes. La station découverte en France se trouve justement en zone littorale. Actuellement localisées sur des zones sableuses anciennement remaniées (avec toutefois la présence d’Euphorbia terracina, protégé au niveau régional), les populations pourraient à moyen terme atteindre les habitats d’intérêts à proximité (dunes naturelles) où elles auraient un impact plus fort. En Australie, la formation de fourrés de L. ferocissimum sur les dunes élimine la flore indigène et modifie la qualité de l’habitat pour la reproduction et la nidification de certains oiseaux (CABI, 2019 ; Environmental Weeds of Australia for Biosecurity Queensland, 2016).

Les épines de L. ferocissimum sont robustes et persistantes, elles peuvent blesser les humains et crever les pneus de véhicule (dans le cas où des rameaux cassés se trouvent au sol). Contrairement aux lyciets produisant des baies de Goji (L. barbarum, L. chinense), les baies de L. ferocissimum sont toxiques (risque exacerbé par l’engouement autour de l’utilisation des baies de Goji). Venter (2000) indique de manière ambiguë que les baies sont réputées comestibles mais que des cas d’empoisonnements ont été rapportés.

Pas de retour d’expérience de gestion disponible actuellement.
Abbott, I., Marchant, N., Cranfield, R. (2000). Long-term change in the floristic composition and vegetation structure of Carnac Island, Western Australia. Journal of Biogeography, 27(2):333-346.

Gallego, M.J. (2012). Lycium L. in Castroviejo, S., Aedo, C., Laínz, M., Muñoz Garmendia, F., Nieto Feliner, G., Paiva, J. & Benedí, C. (eds.). Flora iberica 11: 233-240. Real Jardín Botánico, CSIC, Madrid.

Guittonneau, G.-G., et al. (2011). La flore et la végétation de la Tunisie méridionale. [Voyages d’études de la SBF (27 mars -3 avril 2008)]. Journal de Botanique, 281-359

Jepson, W. L., & Hickman, J. C. (1993). The Jepson manual: higher plants of California. Univ of California Press.

Lambinon, J., J. Lewalle (1986). Lycium ferocissimum Miers. Notes brèves surcertaines centuries distribuées dans le fascicule 21. Soc. Ech. Pl. Vasc. Eur. Bass.Médit., 21: 49-70.

Meikle, R. D. (1985). Flora of Cyprus 2. Royal Bot. Gardens, Kew.

Munz, P. A., & Keck, D. D. (1959). A California Flora. Berkeley. Los Angeles.

Munz, P. A. (1968). Supplement to a California flora. Univ of California Press.

Pérez-Latorre, A. V., Yus-Ramos, R., & Dana-Sánchez, E., (2006). Lycium ferocissimum Miers en la Península Ibérica (Málaga, España). Acta Botanica Malacitana 31 : 208.

Venter, A. M. (2000). Taxonomy of the genus Lycium L.(Solanaceae) in Africa. 2000. Thèse de doctorat. University of the Free State.

Weber, E., & Gut, D. (2004). Assessing the risk of potentially invasive plant species in central Europe. Journal for Nature Conservation, 12(3), 171-179

Règlementations

Règlementation :

Espèce non règlementée.

Règlementation outre-mer :