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Base d'informations

ESPÈCES

Procambarus clarkii

Noms communs :

Écrevisse rouge de Louisiane

Règne :

FAUNE

Organisme :

Crustacé

Famille :

Cambaridae

Milieu - 1 :

CONTINENTAL

Milieu - 2 :

Eau douce

Origine géographique :

Métropole

Nom anglais :

Red swamp crayfish, Louisiana crayfish

Auteur :

Girard, 1852

Introduction en France :

Métropole

Date de rédaction :

  28/09/2017, version 2

Dernière mise à jour :

Règlementation mise à jour le 02/03/2021

Contribution :

Marc Collas, Agence française pour la biodiversité

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RESSOURCES

Liens utiles :

Répartition :

Le piégeage du Vison d’Amérique est autorisé toute l’année, et son tir est soumis à autorisation délivrée par le préfet hors de la période de chasse. Dans les territoires où le Vison d’Europe (Mustela lutreola) est susceptible d’être présent, les périodes et modalités de destruction sont précisées par l’arrêté du 2 septembre 2016 relatif au contrôle par la chasse des populations de certaines espèces non indigènes. Les deux espèces se ressemblent fortement. Les risques de confusion étant importants entre ces espèces, l’appel d’un référent mustélidé est obligatoire en cas de doute dans le périmètre d’action du Plan National d’Actions (PNA) en faveur du Vison d’Europe. Ces référents sont nommés pour chaque département par arrêté préfectoral. Les cages utilisées pour le piégeage doivent présenter une ouverture de 5 cm de côté, ouverte entre le 1er avril et le 31 juillet, pour permettre aux femelles vison d’Europe de s’échapper pendant leur période de gestation et d’allaitement.

En France, dans le cadre du PNA, la gestion du Vison d’Amérique est coordonnée par la DREAL Nouvelle-Aquitaine et animée par l’OFB et le GRIFS (depuis 2021). Ils s’appuient sur un réseau de partenaires variés. Un programme LIFE+ Vison (2017-2022), coordonné par la LPO, participe également à la surveillance et à la gestion du Vison d’Amérique sur le bassin de la Charente. Le contrôle de la dynamique de progression du Vison d’Amérique est réalisé à l’aide de radeaux à empreintes. Ces derniers permettent d’accroître l’efficacité des mesures de piégeage.

Des programmes de régulation ont été mis en place :

Introduite en France en 1976 pour la consommation humaine, l’espèce a été acclimatée volontairement dans de nombreux plans d’eau et piscicultures, colonisant ainsi le milieu naturel (Collas et al., 2007). L’enquête réalisée en 2014 confirme la progression constante de cette espèce qui est désormais recensée dans 70 départements, contre 61 en 2006 (Oieau, 2016). Cette enquête fait apparaître plusieurs tendances : une augmentation de l’aire colonisée, se traduisant notamment par une progression continue de l’espèce vers le nord-ouest et le centre, et l’apparition de populations isolées, généralement dans des plans d’eau, dans l’Est du pays.

Dotée d’une grande adaptabilité, omnivore, opportuniste et agressive, elle participe à la forte régression des populations d’écrevisses indigènes par compétition. Comme les autres espèces américaines, elle est porteuse saine de l’aphanomycose (« peste des écrevisses ») qui menace les écrevisses autochtones (Holdich et al. 2007).Au-delà des dommages portés aux populations des espèces natives, l’espèce endommage les berges et a des impacts de grande ampleur sur le fonctionnement des écosystèmes qu’elle colonise (Basilico et al. 2013). Des études menées en France ont montré que l’Ecrevisse de Louisiane a un impact prononcé sur la richesse des communautés de macro-invertébrés et de macrophytes (Rodriguez, Roussel in Basilico et al. 2013). Elle est également dotée d’une importante plasticité trophique. Selon les habitats, celle-ci peut en effet consommer de la matière organique détritique (consommateur primaire) ou des proies invertébrées. En Brière ou en Camargue, l’espèce est devenue une ressource prépondérante pour de nombreuses espèces de poissons et d’oiseaux. Cette évolution conduit à un équilibre trophique précaire, caractérisé par le repli des communautés végétales et des macro-invertébrés et la simplification des liens entre les organismes des écosystèmes (Basilico et al. 2013

Delsinne, T., Lafontaine, R.-M., Beudels, R.C., Robert, H. (2013). Risk analysis of the Louisiana Crayfish Procambarus clarkia (Girard, 1852). Risk analysis report of non-native organisms in Belgium from the Royal Belgian Institute of Natural Sciences for the Federal Public Service Health, Food chain safety and Environment. 63 pp.

Poulet N. 2014. Les méthodes de contrôle des populations d’écrevisses invasives. Revue synthétique.

Onema DAST, 13 pp.

Basilico, L. et al. 2013. Les invasions d’écrevisses exotiques. Impacts écologiques et pistes pour la gestion. Synthèse des premières rencontres nationales sur les écrevisses exotiques invasives. Les rencontres de l’Onema. 41 pp.

COLLAS M., BURGUN V., POULET N., PENIL C. et GRANDJEAN F. 2015. La situation des écrevisses en France, Résultats de l’enquête nationale 2014. Rapport technique, Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques, Vincennes. 32 p.

Collas, M., Julien, C. et Monnier, D. 2007. Note technique. La situation des écrevisses en France, résultats des enquêtes nationales réalisées entre 1977 et 2006 par le conseil supérieur de la pêche. Bull. Fr. Pêche Piscic. 386: 01-38.

Magnier J., Petit K. 2016. L’enquête national sur les écrevisses. Office international de l’eau, note technique. 21 pp.

Souty-Grosset C., Holdich D. M., Noël P. Y., Reynolds J. D. & Haffner P. (eds) 2006. — Atlas of Crayfish in Europe. Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, 187 p. (Patrimoines naturels ; 64).

Holdich, D.M. et al. 2009. A review of the ever increasing threat to European crayfish from non-indigenous crayfish species. Knowledge and management of Aquatic Ecosystems 11: 394-395.

Règlementations

Règlementation :

Espèce inscrite sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union Européenne, en application du règlement européen  n°1143/2014.

Espèce dont l’introduction sur le territoire, y compris le transit sous surveillance douanière, l’introduction dans le milieu naturel, détention, transport, colportage, utilisation, échange, mise en vente, vente ou achat de spécimens sont interdits par l’arrêté du 14 février 2018 sur tout le territoire métropolitain et en tout temps.

Espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques en eaux douces et dont l’introduction est interdite selon les articles L 432-10 et R432-5 du code de l’environnement.

Règlementation outre-mer :