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ESPÈCES

Reynoutria japonica

Noms communs :

Renouée du Japon

Règne :

FLORE

Organisme :

Herbacée

Famille :

Polygonaceae

Milieu - 1 :

CONTINENTAL

Milieu - 2 :

Berges des cours d’eau

Origine géographique :

Asie orientale

Nom anglais :

Japanese knotweed

Auteur :

Houtt., 1777

Introduction en France :

Métropole

Date de rédaction :

28/11/2016, version 2  

Contribution :

Mireille Boyer (Concept.Cours.d’EAU SCOP)

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Analyse de risque :

Répartition :

Pas de méthode de gestion en France connue actuellement. Le Souchet difforme peut être géré comme la plupart des adventices du riz, c’est à dire par arrachage manuel, labour mécanique et piétinement en sol argileux. L’inondation des champs de riz sur une hauteur d’au moins 20 cm limite également sa présence.

L’introduction des renouées asiatiques est bien documenté (Bailey et Conolly, 2000). Philipp von Siebold, un chirurgien originaire de la Bavière, parti entre 1823 et 1829 avec une compagnie hollandaise au Japon pour y enseigner, rapporte des pieds « femelles » de R. japonica,  parmi plusieurs milliers d’autres plantes récoltées là-bas, et la commercialise en Europe à partir de 1842. Pour l’anecdote, les pieds sont vendus extrêmement chers en 1848 (500 francs) et la plante est décrite comme ayant des vertus extraordinaires dans le catalogue de vente. Mais en 1856, la plante ne vaut plus que 6 francs. C’est très certainement les descendants directs de cette plante reproduits par multiplication végétative et commercialisés, qu’on retrouve maintenant un peu partout en Europe, alors que les premières renouées asiatiques rapportées antérieurement dans des jardins botaniques depuis la Chine n’ont pas participé à l’invasion actuelle. L’espèce R. sacchalinensis est rapportée une vingtaine d’années après R.japonica par différentes expéditions au Japon et des pieds « femelles » et « mâles » sont alors introduits. Les premiers hybrides entre les deux espèces sont décrits pour la première fois en 1983 en Tchécoslovaquie (Chrtek and Chrtkova 1983) et explique le nom actuel de renouées de Bohème (R. x bohemica). Cette hybridation et la possibilité de diffuser très facilement des graines facilitent encore la dissémination des renouées en Europe et dans le monde.

Herbacées vivaces géantes pouvant vivre plusieurs décennies, les renouées asiatiques ont des impacts écologiques majeurs sur les rivières, car sur les berges, elles peuvent s’installer et se maintenir à tous les stades des successions végétales. Du fait de la croissance très rapide des tiges au printemps, jusqu’à 10 cm/jour, créant une canopée horizontale, continue et élevée (3 à 4 m au-dessus du sol), elles ont un impact majeur sur l’incidence lumineuse au niveau du sol empêchant la plupart des autres plantes de se régénérer par semis ou même par rejets de souche. Ces effets provoquent une diminution de la richesse spécifique végétale et animale (Bímova et al. 2003, Maerz et al. 2005, Gerber et al. 2008)  et des difficultés de régénération des ripisylves avec toutes les conséquences possibles sur les fonctions écosystémiques de celles-ci.En fin de saison végétative, les renouées ont la capacité de remobiliser une part très importante des ressources nutritives stockées dans les tiges (Price et al. 2002) et elles produisent par conséquent des litières végétales très pauvres, pouvant avoir des impacts négatifs sur les chaines trophiques aquatiques. Enfin, du fait de leur gigantisme, les renouées gênent de nombreux activités dans les milieux anthropisés (bords de voie ferrée ou de route, cultures,..) et les espaces publics (jardins, espaces verts,…) mais aussi dans les milieux naturels (pêche, promenade,…). Cela génère des coûts de gestion très importants en particulier pour les collectivités publiques.

Numéro spécial Sciences Eaux Territoires sur les renouées asiatiques (2019)

Boyer M. Eliminer la renouées du Japon. La technique du concassage-bâchage offre de nouvelles perspectives pour l’élimination des renouées du Japon.Revue Espaces Naturels, n°42, p37.

Boyer M. Une nouvelle technique d’éradication mécanique des renouées du Japon testée avec succès au bord de l’Ain et de l’Isère.

Revue Ingénieries-Eau-Agriculture-Territoires, n°57-58, , p.17-31

.
Boyer M. 2005. Réflexions sur les stratégies de lutte contre l’invasion des cours d’eau par les renouées du Japon .Document de synthèse de la 5ème journée d’échanges techniques entre les gestionnaires d’espaces naturels de Rhônes Alpes « Stratégie d’intervention et moyens de lutte contre les espèces invasives de zones humides » , 2005. CREN, p.51-59.

Conseil départemental de la Loire. 2014. Les renouées asiatiques. Guide scientifique et technique. 20 pp.

Rouifed S. 2011. Bases scientifiques pour un contrôle des renouées asiatiques : Performances du complexe hybride Fallopia en réponse aux contraintes environnementales. Thèse de l’Université de Lyon, 148 pp.

Service public de Wallonie. Sans date. Les renouées asiatiques. SPW publications. 2 pp.

Shaw R. H., Tanner R., Djeddour D. et Cortat, G. 2011. Classical biological control of Fallopia japonica in the United Kingdom – lessons for Europe. Weed Research, 51(6) : 552‑558.

Bailey, J. and A. P. Conolly. 2000. Prize-winners to pariahs – A history of Japanase Knotweed s.l. (Polygonaceae) in the British Isles. Watsonia 23:93-110.Bímova, K., B. Mandak, and P. Pysek. 2003. Experimental study of vegetative regeneration in four invasive Reynoutria taxa (Polygonaceae). Plant Ecology 166:1-11.

Chrtek, J. and A. Chrtkova. 1983. Reynoutria x bohemica, novy krinzine z celedi rdesnovitych. Casopis narodniho muzea v Praze r. prir. 152:120.Maerz, J. C., B. Blossey, and V. Nuzzo. 2005. Green frogs show reduced foraging success in habitats invaded by Japanese knotweed. Biodiversity and Conservation 2005 14 12 2901-2911.

Dommanget, F., V. Breton, O. Forestier, P. Poupart, N. Daumergue, and A. Evette. 2015. Contrôle des renouées invasives par les techniques de génie écologique : retours d’experience sur la restauration de berges envahies. Pages 215-228 in Revue d’écologie (terre et vie).Gerber, E., C. Krebs, C. Murrell, M. Moretti, R. Rocklin, and U. Schaffner. 2008. Exotic invasive knotweeds (Fallopia spp.) negatively affect native plant and invertebrate assemblages in European riparian habitats. Biological Conservation 141:646-654.Dommanget F. 2020. Portrait esquissé du génie végétal en tant qu’outil de gestion des Renouées asiatiques. Lettre d’information du Centre de ressources EEE. déc 2019.

Louboutin, B. (2010) Les plantes invasives de Brennilis situation et moyens de lutte. Commune de Brennilis & Bretagne vivante

Règlementations

Règlementation :

Espèce non réglementée.

Règlementation outre-mer :